Sara socas : la rappeuse canarienne défie le football et les clichés

La scène sportive a récemment accueilli une figure inattendue : Sara Socas, ancienne footballeuse et rappeuse talentueuse, débarque à la rédaction de MARCA avec une énergie communicative et une perspective bien à l’œuvre.

Une passion pour le ballon et une voix pour briser les codes

Une passion pour le ballon et une voix pour briser les codes

L’artiste, avocate de la diversité et de l’inclusion, a su séduire le journaliste avec un simple « Vas-tu participer aux prochaines battles de Red Bull, n’est-ce pas ? » – une audace qui témoigne de sa confiance et de son esprit d’initiative. Elle affiche une approche décalée, privilégiant l’analyse des micro-interactions sur le terrain, un lieu qu’elle considère comme le véritable laboratoire du sport.

Sa dernière chanson, ‘Bonmatí’, est un véritable manifeste. Elle y évoque la star du Barça, Aitana, tout en s’inspirant des dynamiques narratives du rap et de la culture urbaine. « J’ai voulu prendre en main une référence féminine, reprendre le contrôle d’un genre souvent dominé par les hommes », explique-t-elle avec conviction. « Cette chanson est le fruit d’une confrontation entre ma vulnérabilité et ma force, mon héritage canarien et mon côté battle rappeuse. »

L’artiste, 28 ans, accumulant 1,86 millions de followers sur les réseaux sociaux, révèle un passé sportif frustrant. « J’ai toujours rêvé de jouer au foot, mais dans mon village, Tegueste, il n’y avait pas d’équipe féminine. Les remarques blessantes sur les « machonas » m’ont longtemps freinée. Mais j’ai continué à jouer avec mes amis et ma famille, et aujourd’hui, je retrouve cette passion avec ferveur », confie-t-elle, les yeux brillants.

Sara Socas ne se contente pas de chanter sur le football. Elle s'est déjà illustrée lors du FMS International de Mexico, où elle a incarné le rôle de défenseur cañero. Elle évoque également son nom, Sara Puyol, prononcé avec fierté par ses proches.

Au-delà de la musique, Sara Socas se positionne comme une combattante pour l’égalité des genres dans le sport. « Il faut savoir gérer les critiques, les commentaires blessants, les préjugés sexistes. Je me suis sentie seule à l’époque, la seule femme dans un environnement dominé par les hommes. Mais aujourd’hui, de nouvelles voix féminines émergent en Amérique latine et en Espagne, ce qui est encourageant », affirme-t-elle, avec un sourire déterminé.

Elle souligne l’importance de se battre pour être traitée comme une égale, sans avoir à se justifier ou à prouver sa valeur. « Je veux être respectée pour mes compétences, pas pour être la première à faire quelque chose », conclut-elle.

De par ses projets artistiques, tels que la collaboration imminente avec une rappeuse espagnole et un syfer avec d'autres artistes, Sara Socas se lance dans une nouvelle phase créative, explorant les frontières du genre musical et de l’esthétique. Elle est passionnée par l’idée de se dépasser, de sortir de sa zone de confort, quitte à se mesurer à la Champions League de la musique.

Enfin, elle exprime son soutien aux équipes du Tenerife, tant masculine que féminine, qui ont récemment décroché leur montée en deuxième division. « La finale de Coupe, entre le Barça et l’Atlético de Madrid, ne me manquera pour rien. Je suis persuadée que ce sont les deux équipes qui ont le plus investi dans les dernières années, et leurs résultats le prouvent. Je parierais sur le Barça », déclare-t-elle, avec une conviction inébranlable.