Pogacar, roi indiscutable : triple victoire au tour des flandres

Tadej Pogacar a gravé son nom dans l'histoire du cyclisme. Après cinq victoires au Tour de Lombardie, trois Lièges-Bastogne-Lièges, une Milan-San Remo, et désormais trois Tours des Flandres, le jeune Slovène a confirmé son statut de légende vivante, dominant avec une intelligence tactique et une puissance physique rarement vues.

Van der poel : une prophétie qui se réalise

Van der poel : une prophétie qui se réalise

Mathieu van der Poel, avant la course, avait pointé Pogacar comme son principal adversaire, allant même jusqu'à dire qu’il n’y avait plus de “Big-4”, mais un simple “Big-1”. Ses paroles se sont avérées prophétiques dès les premiers hectomètres, lorsque Pogacar a lancé son attaque décisive au pied de l’Oude Kwaremont-Paterberg.

La course a débuté dans le chaos habituel, avec une multitude d'attaques cherchant à former une échappée. Après une heure de course intense, un groupe de treize coureurs, incluant Silvan Dillier, lieutenant de Van der Poel, a réussi à se détacher, creusant un écart d’environ trois minutes. L’UAE Team Emirates, avec Bjerg et Politt, a ensuite pris les commandes du peloton, imposant un rythme soutenu.

Un Incident Surréaliste : Un Train Bloque le Peloton Un moment inoubliable a marqué la course : une partie des favoris, dont Pogacar et Evenepoel, a été contrainte de s’arrêter à un passage à niveau en raison du passage d’un train. L’incident, aussi étrange que perturbant, a profité à l’échappée, qui a vu son avance s’envoler jusqu’à cinq minutes.

Le passage sur les premiers pavés, à Lippenhovestraat et Paddestraat, a intensifié le rythme, réduisant l'écart avec la fuite à 4’30”. L'approche des monts, et notamment le Vieux Kwaremont, a sonné le début de la véritable bataille entre les ténors du cyclisme. Les équipes se sont positionnées pour attaquer dans la bonne roue, anticipant les efforts sur les pavés.

Le Wolvenberg a ensuite vu les mouvements s’accélérer, avant la montée du Molenberg, où l’UAE Team Emirates, par l'intermédiaire de Politt et Vermeersch, a imposé un tempo infernal, explosant le peloton et ne laissant que vingt coureurs en tête.

À 80 kilomètres de l’arrivée, l’échappée a été avalée par le groupe des favoris, et l’encadenement Oude Kwaremont-Paterberg a sonné l'heure de vérité. Pogacar a lancé sa première attaque, emmenant avec lui Evenepoel et Van der Poel. Le Paterberg, gravi pour la première fois, a sonné le glas pour Van der Poel, qui a dû laisser filer ses adversaires.

Evenepoel, dans un effort de rédemption impressionnant, a maintenu l'écart pendant un temps, mais Pogacar, impitoyable, a accéléré, éteignant les dernières illusions du champion belge. Après le Kruisberg/Hotond, Pogacar et Van der Poel se sont rapprochés du dernier passage sur l’encadenement Oude Kwaremont-Paterberg, théâtre de son succès en 2023 et 2025. Là, Pogacar a lancé son attaque décisive, laissant Van der Poel loin derrière. Une fois au sommet du Paterberg, Pogacar a enchaîné sur une contre-le-chronomètre solo vers Oudenaarde, la cathédrale du cyclisme flamand.

Au cours des dix derniers kilomètres, Pogacar a creusé l'écart sur Van der Poel, le distançant de plus de 45 secondes. Derrière, Evenepoel a géré sa course avec sagesse, tandis que Wout van Aert se débarrassait de Pedersen au Paterberg. Mais tous les regards étaient braqués sur Pogacar, le nouveau roi de Flandres, qui égale le record de trois victoires, rejoignant ainsi le panthéon des plus grands champions de cette classique mythique.