Olazábal : le golf, c'est avant tout une question de patience et de mémoire
José María Olazábal, double vainqueur du Masters d'Augusta (1994 et 1999), n'a pas l'intention de raccrocher. À 60 ans, il persiste, non pas dans l'ambition de remporter un troisième titre, mais pour savourer l'atmosphère unique du Augusta National, un lieu qui, selon ses propres mots, “touche au plus profond de son cœur”.
Un dévouement sans faille, héritage d'une époque révolue
Si l'histoire retiendra ses deux vertes vestes, beaucoup plus que les trophées, c'est l'intégrité et l'éthique de travail qui sont gravées dans la mémoire collective du golf. Olazábal incarne une époque où la persévérance et le respect des règles primait sur la performance brute. Une semaine avant le Masters, il s'est présenté sur le practice, tel un fantôme fidèle, accumulant les coups avec une régularité mécanique. Seul Potgieter et Harman, en pleine remise en forme, l'ont surpassé dans le nombre de balles frappées, un chiffre qui, plus qu'une préparation physique, témoigne d'une conviction profonde : le terrain est le meilleur maître.
Le Basque, loin de se préoccuper de l'allongement de ses coups, utilise cette même méthode qui l'a propulsé au sommet. “Je tire des fer très longs, parfois même des bois 7 pour atteindre le green sur certains par 4, comme le 5 et le 11,” confie-t-il, conscient de l'écart qui le sépare des jeunes talents. Mais c'est précisément dans cette adaptation, dans cette lutte contre la distance, que réside son véritable talent.

Le masters : une leçon de sagesse et de connaissance
Olazábal, qui a participé à 36 Masters, a vu défiler les générations, de Tiger Woods, alors apprenti prodige, à Seve Ballesteros, son mentor. “Plus on joue sur ce parcours, meilleur on devient,” observe-t-il avec la sagesse de l'expérience. “Il exige un jeu complet, une puissance maîtrisée, une précision chirurgicale et un jeu court impeccable. Connaître les contours des greens, c’est la clé. Et après l'avoir foulé tant de fois, on finit par le connaître sur le bout des doigts.”
Le Champion Tour, où il a terminé 14ème lors du dernier tournoi, ne fait qu’attiser sa flamme. Il ne se projette pas vers une victoire, mais plutôt vers une participation complète aux quatre jours du Masters, une preuve supplémentaire de son engagement indéfectible. La semaine prochaine, il affrontera le PGA Senior, un nouveau défi pour cet athlète hors du commun.
Le Masters, pour Olazábal, n'est pas une compétition ; c'est un héritage, une leçon de patience transmise de génération en génération. Et alors que son 113ème tour sur le parcours commence jeudi, une chose est sûre : José María Olazábal, le golfeur humble et infatigable, restera gravé dans l'histoire comme un symbole de persévérance, bien plus qu'un simple champion.
