Motogp : aprilia met la pression, ducati en mode remorquage

L'avertissement de Gigi Dall'Igna résonne avec une clarté glaçante : après trois Grands Prix en 2026, Ducati doit impérativement se ressaisir. La domination de Marco Bezzecchi lors de la dernière épreuve à Austin, conjuguée à l'ascension fulgurante d'Aprilia, a sonné le glas d'une ère de hégémonie pour la marque de Borgo Panigale.

Le retour de jerez, un test crucial pour ducati

Le retour de jerez, un test crucial pour ducati

L'interruption du calendrier due au report du Grand Prix du Qatar et le retour tant attendu à Jerez, traditionnellement un week-end clé, s'annoncent comme un moment de vérité pour Ducati et son pilote vedette, Marc Márquez. La pression monte, et ce n'est pas seulement le changement controversé de carcasse des pneus qui pèse sur les épaules de l'équipe italienne.

Piero Taramasso, le responsable de Michelin, n'a pas manqué de souligner l'écart qui se creuse : "Aprilia a quelque chose de plus". Ce "quelque chose de plus" semble résider dans une RS-GP remarquablement équilibrée, combinant une accélération fulgurante, une tenue de route impeccable et une évolution aérodynamique maîtrisée, sans sacrifier la stabilité.

Malgré les quelques accrocs de Bezzecchi (Tailandia et Austin) et la sortie de piste spectaculaire d'Ogura au COTA, Aprilia impose désormais son rythme. Raúl Fernández, pilote du Trackhouse, tempère cependant l'enthousiasme : "Il y a des circuits où une moto est plus performante que sur d'autres". Un avis partagé par de nombreux observateurs, et qui souligne la complexité de l'équation.

Ce qui distingue réellement Aprilia, au-delà de la machine, c'est la qualité de ses pilotes. Bezzecchi, avec deux podiums au compteur, et Martín, candidat sérieux au titre à deux reprises, sont des forces avec lesquelles il faut compter, sans oublier le jeune Ogura, champion du monde en Superbike. Fernández l'exprime clairement : "On parle beaucoup de la moto, mais on oublie que Aprilia a de grands pilotes".

Ducati, quant à elle, semble en proie à une crise d'identité. Ni la moto qui a dominé les débats en 2024, ni celle qui a semblé si parfaitement adaptée au style de Márquez en 2025 ne semblent répondre aux attentes actuelles. La recherche du "bouton magique" s'avère vaine, et la remontée est difficile.

À Jerez, Márquez et Ducati devront impérativement afficher une réaction, sous peine de voir Aprilia s'envoler vers un titre qui semblait pourtant inaccessible il y a encore quelques mois. Les prochains tours de piste s'annoncent décisifs. La saison ne fait que commencer, mais le message est clair : le statu quo n'est plus une option.