Menaces de mort : le tennis féminin au bord de la fracture

Le monde du tennis est secoué par une affaire grave. Marina Bassols, jeune joueuse espagnole, a brisé le silence ce dimanche, dénonçant publiquement les menaces de mort dont elle est victime. Un cri d'alarme qui révèle une dérive inquiétante et met en lumière la vulnérabilité croissante des athlètes face à l'agressivité en ligne.

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L'enfer numérique des joueuses

Dans une vidéo poignante, Bassols, classée 203e mondiale, a décrit un quotidien devenu cauchemardesque. “Il y a un problème très, très grave”, a-t-elle affirmé, la voix tremblante. Les insultes sont nombreuses depuis des années, mais la spirale a dégénéré, culminant avec des menaces directes et effroyables. Les messages, qu’elle a choisis de partager, sont glaçants : “Je vais t'assassiner”, “Je vais te ruiner”, “Tu es morte”. Une normalisation de l'horreur qui révolte.

Bassols insiste : elle n'est pas responsable des paris. Une réalité que beaucoup de joueurs et joueuses connaissent bien. Derrière ces attaques se cachent des réseaux de parieurs, cherchant à influencer le cours des matchs et à se venger lorsque les pronostics s'avèrent faussés. Mais le machisme et le racisme, ces fléaux persistants, contribuent également à alimenter cette haine en ligne.

La spirale des plaintes s'accélère. Bassols n'est pas la première. Lucrezia Stefanini, Niko Sánchez et Panna Udvardy ont déjà témoigné de la violence dont elles ont été l'objet. Une étude récente révèle que les joueuses de tennis ont été la cible de 8 000 menaces sur les réseaux sociaux en 2024, dont 40% seraient liées aux paris. Un chiffre alarmant qui témoigne de l'ampleur du problème.

Il est désolant de constater que les réseaux sociaux, censés être un espace de partage et de soutien, sont devenus un terrain fertile pour la diffusion de la haine et des menaces. Bassols, comme beaucoup d'autres, refuse de céder à la peur et de fermer ses comptes. “Je ne suis pas responsable de ce problème”, déclare-t-elle, déterminée à ne pas se taire.

La question se pose avec acuité : jusqu'à quel point faut-il descendre avant que les instances dirigeantes et les plateformes numériques ne prennent des mesures concrètes pour protéger les athlètes ? La réponse tarde à venir, laissant planer une ombre inquiétante sur l'avenir du tennis féminin. Et c’est sur ce terrain miné que les joueuses continuent de se battre, avec courage et détermination, mais aussi avec une peur grandissante.