Marín : un dernier clinique émotionnel dans sa ville natale

Huelva a vibré au son des raquettes cette semaine, mais pas au rythme d'une compétition. L'occasion ? Un hommage poignant à Carolina Marín, la légende du badminton espagnole, à quelques jours de son départ officiel. Un retour aux sources, dans le Polideportivo Diego Lobato, là où tout a commencé, près de la maison de son enfance, et où elle a découvert le Sport à l'âge de huit ans, poussée par son amie Laura.

Un événement porté par la passion des jeunes

Un événement porté par la passion des jeunes

Plus d'une centaine d'écoliers, âgés de 10 à 11 ans, ont eu la chance de partager une séance de badminton avec la quintuple médaillée olympique. Iberdrola, en collaboration avec la mairie de Huelva et la Fédération andalouse de badminton, a orchestré cet événement mémorable, où Carolina Marín a interagi avec les enfants, partageant son expérience et sa passion.

Il y a 24 ans, Marín ne savait même pas ce qu'était le badminton. Mais ce Sport, initialement méconnu en Espagne, a vu sa popularité exploser grâce à elle. "De ce dont je suis le plus fière, c'est d'avoir mis le badminton à la bouche de tous les Espagnols. Il a tellement grandi," a-t-elle confié, soulignant l'impact monumental de sa carrière.

Le phénomène Marín est bien réel. Un enfant venu d'un village de Ciudad Real, à 500 habitants, s'est approché d'elle à Huelva pour lui dire qu'il jouait au badminton, preuve éclatante de l'engouement suscité par sa légende. L'émotion était palpable, tant chez les jeunes spectateurs que chez l'athlète elle-même. “C’est bouleversant”, a-t-elle admis, espérant que ce Sport ne soit jamais oublié.

Au-delà de l’adieu, un héritage durable. Marín compte bien assurer la pérennité du badminton en Espagne. Elle créera une académie de badminton à Huelva avec Yonex, offrant à de jeunes talents la possibilité de rêver et de s'épanouir. Les inscriptions à la première session se dérouleront ce vendredi, dans le lieu même où sa légende a pris racine.

L'alcaldesa de Huelva, Pilar Miranda, a salué Carolina comme “notre fierté”, soulignant son travail acharné, ses valeurs et ses succès inégalés. Un sentiment partagé par tous, des enfants aux responsables municipaux.

Marín a évoqué, avec une pointe de nostalgie, son souhait d'avoir pu prendre sa retraite lors d'un Championnat d'Europe à Huelva. Elle a aussi partagé les raisons de son choix : "Le Sport a été ma vie pendant 24 ans, mais il est temps de prioriser ma santé. Je ne veux plus subir d'interventions chirurgicales."

Le badminton, si populaire en Asie comme elle l'a souligné, n'est qu'une des passions que Marín compte désormais explorer. Le surf, longtemps mis de côté par un emploi du temps surchargé d'entraînements, pourrait bien figurer au programme.

Carolina Marín quitte les courts, mais laisse derrière elle une empreinte indélébile. Le nombre de titres est stupéfiant, bien plus que ce qu'elle pouvait imaginer à 14 ans. Son héritage est désormais entre les mains des jeunes générations, qui devront à leur tour faire briller le badminton espagnol, comme elle l'a fait pendant des années. Le rêve continue, à Huelva, là où tout a commencé.