Le football, un zoo de surnoms : van basten au cinghialone, l'arc de noé animal
Quarante-huit ans déjà que l’on se souvient de l’Emerson, le Puma, un nom qui résonne encore dans les tribunes. Mais le football, loin d’une sobriété, a toujours cultivé une étrange zoologie de surnoms, un véritable bestiaire d’animaux.

Un bestiaire pluriel et inattendu
Mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles… le registre est hallucinant. Du Cigno de Van Basten, symbole d’élégance, au Cinghialone, Angelo Peruzzi, une ironie touchante, en passant par l’O’Galinho, Zico, le galletto brésilien, dont les dribbles fulmineux rappelaient une frappe de campagnolo. L’étonnant Eusebio, la Panthère Noire, un monument.
Mais ce qui fascine, c'est cette juxtaposition improbable : la Formichina, Herbert Prohaska, un petit géant autrichien, aux côtés du puissant Lautaro, un Toro sauvage. Un véritable écosystème, un microcosme foisonnant.
Cette Arca de Noé ballonnari est une galerie de figures mémorables, des stars éphémères, des promesses non tenues. Elle témoigne d’une passion nourrie par l’imagination collective, une tendance à la personnification des joueurs, à leur attribuer des traits animaux qui transcendent le simple jeu. Il y a le Dzeko, le Cigno de Sarajevo, un nom qui évoque la patience, la persévérance.
Un spectacle parfois absurde, souvent poignant, qui prouve que le football, au-delà des buts et des victoires, est une affaire de sentiments, d’histoires, de mythes. Et parfois, un peu de bêtise.