Lahm alerte : la manndeckung menace-t-elle le football allemand ?

Philipp Lahm, l'emblématique ancien capitaine de la Mannschaft, a levé l'alarme sur un retour tactique inquiétant : la manndeckung, ou marquage individuel strict, gagne du terrain en Bundesliga, et les conséquences pourraient être désastreuses pour le football allemand. Un avertissement sévère, formulé dans sa chronique pour Die Zeit et The Guardian, qui résonne comme un appel à la raison.

Le bayern munich et vincent kompany, acteurs de ce retour en arrière ?

Lahm ne mâche pas ses mots : « Je suis surpris de voir autant de défenseurs en Bundesliga suivre leur adversaire jusqu'à… aux toilettes. » Une observation cinglante qui s'applique, selon lui, même au Bayern Munich, club phare du championnat, et à l'équipe de Vincent Kompany. Ce qui, au-delà d'une simple curiosité, soulève une question fondamentale : est-ce une stratégie viable à long terme ?

Loin de l'être, selon l'ancien international allemand. La manndeckung ne peut être qu'un « moyen à court terme, pour surprendre et mettre sous pression l'adversaire, comme cela se fait au handball juste avant la fin du match. Ce n'est pas un concept pour l'ensemble du jeu. Le terrain de football est trop vaste. » Une critique acerbe, qui pointe du doigt une simplification tactique dangereuse.

La bundesliga risque-t-elle de se marginaliser ?

La bundesliga risque-t-elle de se marginaliser ?

Le spectre d'un isolement international plane sur le football allemand. Lahm tire un parallèle avec l'Italie, un pays qui a perdu de son influence sur la scène européenne en s'enfermant dans des schémas tactiques dépassés. « L'Italie est à la traîne. Si l'allemagne prend un cheminement particulier, cela pourrait nous arriver. » Un message d'urgence, qui exhorte les décideurs à réagir.

Alors, quelle voie suivre ? Lahm propose un modèle inspiré du succès espagnol : « Défense orientée sur le ballon, positions et profils clairement définis, football combinatoire organisé qui déplace le jeu dans la moitié adverse. » L'exemple de la Roja, sacrée championne d'Europe à trois reprises sur les cinq dernières éditions, est éloquent. « Une telle domination, même l'allemagne des années 70 et 80 ne l'a pas réalisée. Gary Lineker disait que, à la fin, les Allemands gagnaient toujours. Non, aujourd'hui, c'est l'Espagne. »

Face à l'ascension fulgurante de la sélection espagnole, véritable modèle de jeu moderne, la Mannschaft doit impérativement se remettre en question et abandonner ces vaines expérimentations tactiques. Car, comme le souligne Lahm avec une lucidité implacable, « lors de la prochaine Coupe du Monde, l'équipe de la Fuente sera, comme toujours, un prétendant au titre. »