La liga perd son pari : les grèves de 15 secondes validées !
La justice espagnole a donné raison aux footballeurs. La Audiencia Nacional a rejeté la plainte de La Liga visant à considérer illégales les actions de protestation de 15 secondes menées par les joueurs au début de plusieurs rencontres lors de la neuvième journée de LaLiga EA Sport. Un coup dur pour le patronat du football espagnol, qui voyait en ces interruptions une hérésie.

Une victoire pour la liberté d'expression et le droit syndical
Après un procès qui s'est tenu le 25 mars dernier, la chambre sociale de la Audiencia Nacional a confirmé que le geste des joueurs relevait d'une manifestation légitime du droit à la liberté d'expression, en lien direct avec la liberté syndicale. L’Association des Footballeurs Espagnols (AFE) avait plaidé cette ligne de défense lors de l’audience, et le ministère public avait, à son tour, demandé la désignation de la plainte. La Liga, de son côté, insistait sur le caractère illégal de ces grèves, estimant qu'elles avaient engendré un préjudice financier estimé à 8,7 millions d'euros.
Ces actions de protestation, orchestrées par le syndicat, avaient affecté plusieurs rencontres entre le 17 et le 20 octobre, en signe de contestation contre la décision controversée d'organiser un match Villarreal-Barcelone à Miami, puis annulée. Le tribunal a donc validé la position des joueurs, reconnaissant la légitimité de leur action pour défendre leurs convictions. L’AFE peut donc célébrer cette victoire, qui confirme la liberté d’expression des acteurs du ballon rond.
Mais au-delà de la dimension juridique, cette affaire soulève une question fondamentale : jusqu'où les joueurs peuvent-ils aller dans l'expression de leurs opinions, même si cela perturbe le bon déroulement des compétitions ? La réponse, semble-t-il, est qu'ils ont le droit de s'exprimer, tant que cette expression reste dans le cadre du droit syndical et ne met pas en danger la sécurité des personnes. La justice espagnole a donc tranché, et la balle est désormais dans le camp de La Liga, qui devra désormais trouver d'autres moyens de gérer les contestations des joueurs.
