Futebol colombiano : la capitaine usme dénonce un système à genoux
Catalina Usme, figure emblématique du football colombien et meilleure buteuse de l’histoire de la sélection, a lâché une bombe. Ses déclarations, crues et sans concession, ont secoué le monde du football colombien, révélant une réalité bien plus sombre que l'image lisse des succès internationaux.
Un cri de rage face à la réalité du terrain
Loin des projecteurs et des victoires en sélection, la réalité des joueuses de la Liga BetPlay Femenina est loin d'être idyllique. Usme, visiblement exaspérée, a dénoncé un manque d'investissement chronique, des conditions de travail précaires et un manque de respect flagrant envers les footballeuses. La phrase qui a le plus fait l'effet, et qui résonne comme un aveu d'impuissance, est sans conteste : « Il faut aller se faire voir pour pouvoir s'en sortir dans ce milieu. » Un constat amer qui témoigne de la lutte acharnée que doivent mener ces athlètes pour simplement survivre.
Le problème n'est pas nouveau, mais la virulence des propos d'Usme met en lumière une situation intenable. La capitaine antioqueña pointe du doigt un format de compétition « ridicule » et « insuffisant », où de nombreuses joueuses ne sont employées que pendant trois ou quatre mois par an. Ce manque de garantie pousse nombre d'entre elles à chercher des emplois informels pour joindre les deux bouts, compromettant ainsi leur préparation physique et leur niveau de performance.
Le choix de l'exil apparaît, selon Usme, comme la seule solution pour espérer une carrière professionnelle digne de ce nom. « J'admire mes coéquipières qui ont migré à l'étranger », a-t-elle affirmé, soulignant que le championnat local ne permet pas d'acquérir le niveau de compétition nécessaire pour prétendre à une place dans la sélection.
Au-delà de ces questions économiques et structurelles, Usme a également exprimé sa déception face à son absence dans les dernières convocations de la sélection, regrettant l'absence de communication de la part de la Fédération. Un manque de respect qui, selon elle, témoigne d'un profond désintérêt pour le bien-être des joueuses et le développement du football féminin colombien.
Cette crise n'est pas isolée. Les investigations de la Superintendencia de Industria y Comercio (SIC) sur des potentielles irrégularités dans les contrats des joueuses et la présence d'un possible « cartel » pour limiter les salaires viennent confirmer l'ampleur de la corruption et du manque de professionnalisme qui gangrènent le football féminin colombien.
Les mots de Catalina Usme, bien que durs, sont un appel à la révolte. Ils mettent en lumière les failles d'un système qui prône le développement du football féminin tout en le laissant à l'abandon. La balle est désormais dans le camp de la Dimayor et de la Fédération Colombienne de Football. Il est temps d'agir, avant que le talent colombien ne s'éteigne définitivement, emporté par le vent de la désillusion. Les joueuses ne demandent plus de « soutien », elles exigent le respect et une structure professionnelle à la hauteur de leur engagement et de leur passion.

L'avenir du football féminin colombien : un défi majeur
La crise actuelle est un point de bascule. Il est impératif que les instances dirigeantes prennent conscience de la gravité de la situation et mettent en place des mesures concrètes pour améliorer les conditions de travail des joueuses et professionnaliser la Liga BetPlay Femenina. Le succès de la sélection, bien que porteur d'espoir, ne doit pas masquer les réalités amères du football féminin local. La performance sur le terrain ne peut être durable si elle repose sur le sacrifice et la précarité des joueuses.
