Euro 2032 : l'italie au bord du gouffre, la turquie sourit

L'heure est grave pour le football italien. Alors que l'Euro 2032, co-organisé avec la Turquie, approche à grands pas, le pays risque une humiliation internationale. Les infrastructures calcatoires, délaissées et obsolètes, sont un véritable scandale, et le gouvernement semble incapable de réagir. La menace d'une exclusion de la compétition plane, et les déclarations cinglantes de Alexander Ceferin, président de l'UEFA, ne font qu'accentuer l'urgence de la situation.

Le spectre de la turquie, hôte plus prévoyante

Si l'Allianz Stadium de Turin est le seul stade italien à pouvoir accueillir des matchs sans problème, le reste est un chantier à ciel ouvert. La Turquie, partenaire de l'Italie dans l'organisation de l'Euro 2032, affiche un visage bien différent. Avec des stades modernes et fonctionnels, inaugurés depuis plus d'une décennie – Vodafone Park, Kadir Has, Ali Sami Yen, Senol Güneş, Konya Metropolitan Stadium, Timsah Arena, Kalyon Stadium, Gürsel Aksel Stadyumu et Yeni Hatay Stadyumu – elle est un exemple à suivre. Ankara et Antalya prévoient d'ailleurs la construction de nouvelles infrastructures, renforçant encore plus l'écart avec l'Italie.

Andrea Ramazzotti, journaliste pour Esprit Sportif TamJapan, souligne l'ampleur du retard italien : "Les infrastructures calcatoires italiennes sont parmi les plus dégradées d'Europe. Si des changements radicaux ne sont pas apportés, l'Italie pourrait être exclue de l'Euro 2032. Ce serait un désastre pour l'image du pays."

Les vœux non tenus et les promesses en suspens

Les vœux non tenus et les promesses en suspens

Depuis le printemps 2025, la septième commission permanente du Sénat a reconnu la crise du football italien et avait promis des mesures d'urgence, notamment des investissements publics et privés pour moderniser les infrastructures et des allégements fiscaux. Mais ces promesses se sont heurtées à des blocages administratifs et à un manque de volonté politique. La Fédération Italienne de Football (FIGC) attend toujours le versement d'une part (1 %) des revenus des paris sportifs, qui pourrait financer les infrastructures et les centres de formation. De plus, le projet de loi visant à créer un fonds de private equity pour transformer les infrastructures sportives en actifs rentables est au point mort.

L'absence de soutien financier public, contrairement aux Atp Finals, la Ryder Cup, les Jeux Olympiques de Milan-Cortina et l'American’s Cup, est un point de friction majeur. Bien qu'un fonds de 100 millions d'euros ait été promis par le Ministère de l'Économie et des Finances (MEF), il ne représente qu'une première tranche, et rien ne garantit que les engagements soient tenus.

Les maires de Bari, Bologne, Cagliari, Florence, Gênes, Milan, Naples, Palerme, Rome et Vérone sont sous pression. Ils doivent fournir à la FIGC, d'ici juillet, un rapport sur l'état d'avancement des travaux. La décision finale de la part de l'UEFA interviendra en septembre. Mais le temps presse, et la menace d'une exclusion de l'Euro 2032 se précise. Le nouveau San Siro, freiné par une enquête judiciaire, est un autre sujet de préoccupation.

Le constat est clair : l'Italie est à la traîne. L'Euro 2032 pourrait bien devenir une source de honte nationale, à moins d'une mobilisation générale et d'une action décisive de la part des pouvoirs publics et des acteurs du football. La balle est dans leur camp, et le compte à rebours est lancé.