Colombie : chaos et tensions à l'annonce de la liste des mondial 2026
Une tension palpable a envahi le siège de la Fédération Colombienne de Football à Bogotá, lundi dernier, lors de la présentation de la liste des 26 joueurs sélectionnés pour la Coupe du Monde 2026. L’événement, censé être une simple formalité, s’est transformé en un véritable épisode de crise, alimentant des rumeurs persistantes sur des pressions extérieures.
Le spectacle interrompu
La conférence de presse, initialement prévue à 11h00, a été reportée à deux reprises. Le sélectionneur technique, Néstor Lorenzo, est apparu visiblement agacé, lisant la liste à la hâte, répondant à seulement trois questions avant de s’éloigner avec une indéfinissable gêne. Un signal d’alarme immédiat pour le journalisme sportif.
Mais, dans une interview accordée à Javier Hernández Bonnet pour Noticias Caracol, Lorenzo a finalement dévoilé la vérité : un simple problème de câblage, une confusion logistique, selon lui. « J’étais là tôt, douze moins dix. Je suis entré, et je n’avais pas réalisé que vos collègues attendaient depuis l’heure. C’était une erreur de communication avec la fédération. Je m’excuse auprès de vous tous », a-t-il déclaré, tentant de dissiper les soupçons d’un manquement volontaire.

Au-delà du simple retard : un poids émotionnel
Lorenzo a reconnu que cette situation était le produit d’un épuisement émotionnel important, exacerbé par la difficulté de laisser de côté des joueurs qui avaient été des piliers du processus de qualification. « C’est une situation particulière. C’est un moment que aucun entraîneur ne souhaite vivre », a-t-il avoué, soulignant qu’il avait contacté personnellement chaque joueur écarté avant la conférence de presse. « C’est ce que j’ai fait en tant que joueur et j’ai toujours apprécié que les joueurs qui ont été essentiels tout au long du parcours soient informés directement par moi. »
Néanmoins, la polémique a pris une nouvelle dimension avec des spéculations sur l’exclusion de Sebastián Villa, déjà pointé du doigt en raison de son casier judiciaire en Argentine. Le président de la FCF, Ramón Jesurún, aurait averti Lorenzo des conséquences négatives d’une présence de Villa sur la liste des sponsors de l’équipe nationale. Malgré ces débats, la composition de la liste a conservé la base solide de l’équipe qui a brillé lors de la Copa América et des éliminatoires, avec des ajouts surprenants comme Willer Ditta et Juan Camilo “Cucho” Hernández.

Vers l’horizon nord-américain
Malgré ces tensions internes et les interrogations sur les choix effectués, Néstor Lorenzo a réaffirmé son enthousiasme à l’idée de mener l’équipe colombienne à la Coupe du Monde en Amérique du Nord. « La vérité, c’est que je suis heureux, content que nous allions retrouver un mondial. Je remercie tout le football colombien et Dieu », a-t-il conclu. La Tricolore affrontera l’Ouzbékistan le 17 juin à Mexico, la République Démocratique du Congo le 23 juin à Guadalajara, et la Portugueuse de Cristiano Ronaldo le 27 juin à Miami. Un défi de taille, mais aussi l’occasion de prouver la valeur d’une nation passionnée.
