Can 2023 : scandale au maroc, le sénégal dénonce un « vol » !

Les révélations fracassent le monde du football africain. Des documents officiels, consultés par Le Monde, mettent en lumière un feuilleton rocambolesque autour de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2023, soldée par une victoire controversée du maroc face au Sénégal. Une victoire acquise davantage dans les couloirs du pouvoir que sur le terrain, selon les accusations de la Fédération sénégalaise.

Des entraves logistiques dès le début

L'affaire commence bien avant le coup d'envoi de la rencontre à Rabat. Alors que l'équipe du Sénégal devait se déplacer en TGV, son hébergement initial, l'hôtel Rihab, a été jugé inacceptable par la délégation sénégalaise. « Un hôtel de catégorie moyenne, ne répondant absolument pas aux standards requis pour une finale », selon les termes employés dans les rapports. La CAF, l'organisme gérant le tournoi, recommande alors l'Amphitrite, plus confortable, mais ni sur la liste initiale des campements base. Abdoulaye Saydou Sow, secrétaire général de la fédération sénégalaise, a immédiatement exprimé ses doutes, soulignant ce non-respect des protocoles.

Mais les problèmes ne s'arrêtent pas là. Les rapports révèlent une tentative présumée d'espionnage des entraînements sénégalais par le camp marocain, avec l'utilisation du complexe Mohammed VI, base d'entraînement du rival. Une plainte a été déposée auprès de la CAF, dénonçant un manque de confidentialité tactique flagrant.

Un climat de tension et de menace

Un climat de tension et de menace

L'ambiance précédant la finale était loin d'être sereine. L'arrivée de la délégation sénégalaise à Rabat a été marquée par une cohue de supporters, et un manque de protection policière jugé insuffisant. La Fédération sénégalaise a rapidement émis des inquiétudes quant à la sécurité de ses joueurs. Pape Thiaw, l'entraîneur, a même évoqué une situation « anormale » et a affirmé que ses joueurs se sentaient « en danger ».

Les altercations et les intoxications n'ont pas manqué d'alimenter la tension. Des propos incendiaires ont été proférés avant le match, et des tentatives de bagarres ont été rapportées entre des officiels des deux équipes. Le point culminant : trois joueurs sénégalais ont été hospitalisés suite à une intoxication alimentaire dans le vestiaire. Des incidents qui témoignent d'une campagne de déstabilisation orchestrée, selon Dakar.

Le coup de grâce : un arbitrage contesté et un refus de remise de trophée

Le coup de grâce : un arbitrage contesté et un refus de remise de trophée

Le match lui-même a été marqué par une décision arbitrale contestée, un penalty accordé au Maroc à la dernière minute. Les joueurs sénégalais, furieux, ont quitté le terrain en signe de protestation, entraînant une interruption de dix minutes. Brahim Díaz a ensuite manqué le penalty, scellant le sort de la rencontre.

Mais le scandale ne s'arrête pas là. Le prince Rachid, frère du roi Mohammed VI, a refusé de remettre le trophée aux joueurs sénégalais. Un geste qui a exacerbé les tensions et confirmé, aux yeux de la Fédération sénégalaise, un complot visant à voler la victoire à leur équipe.

Le tas saisi et une caf silencieuse

La Fédération sénégalaise a porté l'affaire devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), dénonçant un « vol administratif le plus flagrant de l'histoire du sport ». La CAF, quant à elle, s'est murée dans le silence, refusant de commenter la situation. Son président, Patrice Motsepe, se contente d'affirmer qu'il « respecte » la décision de la commission d'appel, laissant planer un voile d'incertitude sur l'avenir de cette affaire.

Alors que les joueurs sénégalais arborent fièrement une deuxième étoile sur leur maillot national, et que le trophée a défilé dans les rues de Dakar, la CAF a versé 10 millions de dollars de primes à ses joueurs. Une ironie amère pour le Sénégal, victime d'une manœuvre qui aura marqué à jamais l'histoire de la CAN. L'attente de la sentence du TAS s'annonce longue et pleine d'espoir pour une justice sportive enfin rendue.