College sport : trump tente une révolution légale, les juristes sceptiques

La surprise est tombée vendredi : Donald Trump a signé un décret exécutif visant à remodeler radicalement le paysage du sport universitaire américain. Un coup d'éclat qui, au-delà de l'effet médiatique, soulève des questions juridiques complexes et pourrait redéfinir les relations entre athlètes, universités et NCAA.

Un cadre strict pour les transferts et la durée de carrière

Un cadre strict pour les transferts et la durée de carrière

Le décret, qui prendra effet le 1er août, ambitionne de limiter la liberté de mouvement des joueurs. Il stipule que les athlètes ne pourront plus participer à plus de cinq années de compétition universitaire et n'auront droit qu'à un seul transfert sans période d'inactivité. Cela contraste fortement avec la Politique actuelle de la NCAA, qui autorise quatre saisons de compétition sur cinq années et permet des transferts multiples sans sanction.

L'objectif affiché par l'administration Trump est double : rétablir un certain équilibre dans le système et éviter les procédures judiciaires coûteuses. La NCAA, déjà fragilisée par un arrêt de la Cour suprême en 2021 qui l'a soumise aux lois antitrust, se retrouve sous pression. Le décret exige également de la NCAA qu'elle établisse des règles claires concernant l'éligibilité des joueurs et la création d'un registre national des agents sportifs. Il interdit également aux universités de réduire les bourses accordées aux sports féminins et olympiques afin de financer les paiements aux athlètes masculins, un point sensible dans le débat actuel.

Mais là où le bât blesse, c'est la question de la légalité. Plusieurs experts en droit sportif s'expriment avec prudence, voire scepticisme. Ils estiment que les tribunaux pourraient juger ce décret anticonstitutionnel, car il empiète sur les prérogatives de la NCAA et des universités. Charlie Baker, le président de la NCAA, a réagi avec retenue, soulignant la nécessité d'une solution législative, idéalement adoptée par le Congrès, pour une réform durable.

Le contexte est crucial. La décision de la Cour suprême a ouvert la voie à la rémunération des athlètes, mais aussi à une multiplication des litiges. Les universités sont prises en étau entre les demandes croissantes des joueurs et les contraintes financières. La NCAA se retrouve, une fois encore, à la croisée des chemins, forcée de s'adapter à une réalité en mutation rapide.

L'enjeu va au-delà des règles de transfert. Il s'agit de définir le statut des athlètes universitaires : employés de l'université, bénévoles ou quelque chose entre les deux ? Et, plus fondamentalement, de déterminer comment les revenus générés par le sport universitaire, notamment grâce aux droits de diffusion télévisée, doivent être répartis. Le décret de Trump, bien qu'ambitieux, ne répond qu'à une partie de ces questions, et son impact réel dépendra de la réaction des tribunaux et du Congrès.

L'équilibre est encore fragile, mais une chose est sûre : l'ère du sport universitaire tel que nous le connaissions est révolue. La bataille pour son avenir ne fait que commencer.