Rome : la patience est-elle la clé pour gasperini ?

La capitale italienne est en ébullition. Après la cuisante défaite face à l'Inter, la pression monte sur l'entraîneur de l'AS Roma, Gian Piero Gasperini. Les tifosi, d'ordinaire passionnés, se montrent particulièrement virulents, exigeant des têtes et remettant en question la stratégie de l'équipe. Mais au-delà de la colère immédiate, une voix, celle de Luigi Garlando, journaliste réputé, s'élève pour rappeler un adage antique : la patience.

Un sénat romain en furie

La scène est digne d'une pièce de théâtre antique. Un Sénat romain imaginaire, présidé par Tullius Catullianus, s'enflamme. Les sénateurs, portés par la frustration, réclament l'éviction de Gasperini, accusé d'avoir dilapidé 120 millions de sesterces pour subir 15 défaites. Les cris fusent : « Nous, caput mundi, croulons en milieu de classement ! » Certains évoquent même le retour de Claudius Britannicus, témoignant de la profondeur du désespoir ambiant.

Mais Catullianus, avec la sagesse acquise par l'expérience, tempère l'ardeur des débats. Il rappelle le temps accordé à Gravinus, huit années pour deux Apocalypses, et souligne la longue succession d'entraîneurs potentiels, de Giancarlus Abies à l'Abatinus, en passant par Ulivierus. Le temps, à Rome, est une ressource précieuse, sauf pour Gasperini, dont l'arrivée a pourtant déjà transformé le visage de l'équipe.

Gasperini a redonné à la Roma une intensité offensive qu’elle avait perdue. Sous la direction de Pellegrinus, l'équipe laissait des mètres à ses adversaires, une tactique désastreuse. Aujourd’hui, la Roma presse, attaque, et se bat avec une ferveur nouvelle. Reviendront-ils à l'arrière-garde, à la tactique du bloc bas qui avait marqué le passage de Mourinhus ? L'histoire a prouvé que la conquête du monde ne s'est jamais faite en se recroquevillant.

La célébration du 130ème anniversaire de La Gazzetta dello Sport est un rappel du long chemin parcouru par le football italien. Et dans ce contexte, le message est clair : il faut accorder à Gasperini le temps de peaufiner son œuvre.

La patience, une vertu romaine

La patience, une vertu romaine

Les blessures, notamment celles de Ndickus et Zaragozus, ont indéniablement pesé sur la performance de l'équipe. Qui aurait cru que l'Inter, privée de Lautaro, serait si impuissante ? Et qui oserait oublier les absences de Paulus Gioiosus et le but crucial de Gatticus ? La malchance fait partie du jeu. Virgilio nous l'enseigne : « La patience vainc la malchance. »

Il est tentant de se laisser emporter par le veni, vidi, vici de César, mais même le grand conquérant a dû affronter des défis, comme le roi du Ponto en Conference League. Klopp Germanicus et Arteta Hispanicus ont eux aussi connu des périodes de doute avant d'atteindre le sommet. Comme le disait Ovidio : “Dolor hic tibi proderit olim”, “Un jour ce douleur te sera utile”.

Rome ne s’est pas construite en un jour, et l’AS Roma ne devrait pas faire exception.