Volley : fersino, l'ombre de de gennaro et la voie royale vers le titre
Milano et Conegliano, un duel au sommet. Mais au-delà de la confrontation entre les deux géantes italiennes, c'est l'ascension fulgurante d'Eleonora Fersino qui captive l'attention. La jeune libero de Vero Volley, véritable révélation de la saison, se profile comme l'héritière logique de Monica De Gennaro, la légendaire gardienne du filet transalpine.

Une formation au sein de l'excellence
L'histoire de Fersino est un récit de persévérance et de talent brut. Formée à Chioggia, elle a rapidement attiré l'attention de Giuseppe Giannetti, l'œil infaillible qui a révélé des talents tels que Cacciatori et Piccinini. C'est lui qui a perçu son potentiel de libero en 2016, un tournant décisif dans sa carrière. Ses premiers pas en A1, aux côtés de De Gennaro à Imoco Volley, ont été une véritable immersion dans le monde de l'excellence. « Un rêve, répète-t-elle, voir jouer Monica, la meilleure du monde, et pouvoir travailler à ses côtés… »
La comparaison avec De Gennaro, désormais sur le point de quitter le maillot azzurro, est inévitable. Pourtant, Fersino se veut humble. « C'est un rôle ardu, presque impossible. Elle est une autre chose. Je dois encore faire beaucoup, donner tout ce que j'ai. » Sa progression constante, illustrée par la Supercoppa remportée face aux mêmes Pantere de Conegliano, témoigne de son ambition et de sa détermination.
La semifinale explosive contre Scandicci (3-1) a confirmé la transformation du groupe, mais surtout l'éclosion de Fersino. La jeune femme, surnommée « Fers », est devenue une force motrice, orchestrant la défense avec une précision chirurgicale. Elle a même demandé 47 billets pour ses proches afin de créer un véritable « secteur Fersino » au Palaverde, témoignant de l'importance de ce soutien familial dans son parcours.
L'impact de l'exclusion olympique : une leçon de résilience
Le chemin n'a pas été sans embûches. L'exclusion de la sélection olympique de Tokyo en 2024 a été un coup dur. « Je ne l'ai pas ressenti immédiatement, j'ai pris des vacances pour oublier la volée, mais au retour, le constat était amer. » Une expérience douloureuse, mais qui a forgé son caractère et l'a rendue plus forte. Elle a appris à accepter les revers et à rester fidèle à elle-même, une qualité précieuse pour un libero.
Son parcours, enrichi par des expériences à Bergamo et Novara, a affûté ses compétences et lui a permis de côtoyer des entraîneurs de renom comme Lavarini. Aujourd'hui, sous la houlette de Julio Velasco, en équipe nationale, elle s'épanouit pleinement. « Un maître, pour sa mentalité et ses principes », souligne-t-elle.
Fersino, amatrice de football (supporter de la Juventus, malgré un petit ami milaniste !) et passionnée par le tennis, est une joueuse complète, dotée d'une lecture de jeu exceptionnelle. « La lecture, c'est primordial aujourd'hui. Un smash puissant d'Egonu, par exemple, est impossible à prendre si on n'est pas dans la position parfaite. »
Alors que le volley italien retient son souffle, Fersino est prête à relever le défi. Elle ne craint pas Conegliano, mais reconnaît son valeur. La finale s'annonce palpitante, et l'avenir du volley azzurro semble s'écrire entre les mains de cette jeune prodige, prête à endosser l'héritage d'une légende.